Biographie

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Originaire de Wuppertal en Allemagne, Anke Eilergerhard réalise des sculptures hypnotisantes, qui stimulent non seulement le sens de la vue, mais aussi celui du toucher, du goût et même de l'odorat. Peintre de formation, Eilergerhard commence à réaliser ces sculptures en silicone en 2004. Son intérêt pour la tactilité des matières remonte à ses débuts, alors qu'elle présentait ses peintures dans des cadres texturés, intégrant des excroissances florales qui s'étendaient à l'extérieur des limites de l'encadrement.

Les œuvres en silicone d'Anke Eilergerhard sont créées à l'aide d'une poche à douille, dont la fonction principale est de décorer les gâteaux. En utilisant cette technique comme motif pictural, les œuvres d'Eilergerhard chevauchent les notions du Pop art, installant sur un pied d'égalité beauté formelle et objets usuels du quotidien.

La dominance de ces motifs pâtissiers, devenus récurrents dans son travail, reflète une certaine fascination de l'artiste pour les plaisirs sensuels. La parfaite réalisation, ainsi que l'accumulation méticuleuse de ses « tourbillons de crème fouettée » en silicone, confèrent aux sculptures d'Eilergerhard une apparence très structurée et contrôlée. La superposition de couches, ou d'objets dans certains cas, donne à ses œuvres un caractère monumental, presque totémique. En raison de leur surface texturée, les sculptures de Eilergerhard surstimulent nos sens, rendant la tâche de résister à l'envie spontanée de toucher les sculptures de l'artiste très difficile. Sens et sensualité se cachent derrière ces constructions complexes d'une qualité haptique ahurissante.

Les œuvres de la série Crown, en dépit de leur nature statique, semblent frémir ; une forte énergie sexuelle semble s'en dégager. Les proéminences phalliques au centre des couronnes évoquent quant à elles le mouvement, se déployant ou s'enfonçant dans les profondeurs de la structure selon l'œuvre.

Par le médium utilisé, l'esthétisme de ses œuvres et les thématiques abordées, les sculptures d'Anke Eilergergard s'inscrivent dans un discours féministe. L'artiste s'approprie la technique pâtissière de la douille et rejette l'univers de la cuisine traditionnellement réservée au sexe féminin, en maîtrisant plus que parfaitement une technique que certains considèrent à tort comme un passe-temps, un loisir. Ses œuvres proposent une réflexion sur la beauté et tout ce que cela englobe : le désir, l'amour, le luxe, la luxure, l'excès, la décadence, etc. Ses sculptures exposent le caractère fugace et éphémère de la beauté. Ses œuvres se concentrent sur la dynamique ambivalente de l'élégance, du déséquilibre et du mouvement, comme immortalisé par une photo instantanée. Eilerherhard personnifie ses sculptures, à l'aide de suggestions formelles et de titres sexospécifiques. Ses oeuvres sont espiègles et sensuelles, se dévoilant au spectateur dans leurs splendides formes arrondies, rappelant les courbes voluptueuses du corps de la femme.

 

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