Biographie

Bio FR

C’est à travers la répétition de la représentation de la vache qu’Éloïse Brodeur suscite le questionnement et le débat. Outre la justesse des proportions ou encore le rendu, c’est plutôt la persistance à reproduire l’animal et à l'étudier minutieusement qui nous interpelle. Ces bovins sont immobiles, satisfaits et ruminants, mais au-delà du moment capturé sur la toile, leurs portraits témoignent d’une grande sensibilité dans leur attitude et leur comportement.

À travers sa pratique, Éloïse Brodeur questionne surtout une certaine manière de vivre et de consommer: l’abondance, le surplus et la surproduction. Depuis la fin de ses études, elle met son pinceau au service de ce qui l’attire et la fascine: l’anodin revu et réinterprété. Elle représente une version idéalisée de la vache, loin de celles que l’on retrouve dans les fermes industrielles. L’artiste les extirpe de leur milieu naturel, remplaçant le pâturage par un arrière-plan monochrome. Cet espace s’impose à l’artiste comme une zone de réflexion et d’interrogation. À travers cette volonté d’épuration, elle cherche à extraire le superflu, se concentrant sur une représentation pointilleuse de l’animal. Cette quête de l’essentiel se manifeste par un resserrement des compositions, un rapprochement du cadre vers la figure bovine et une emphase sur la présence unique de l’animal. Elle tente de respecter la tranquillité et l'équanimité de son sujet en utilisant une palette presque monochromatique. Extrait de son environnement naturel et coloré, l’espace pur qui entoure le bovin suggère l'équilibre et appelle à la sérénité et l'introspection.

Née d'une mère artiste peintre et d'un père architecte, Éloïse Brodeur a grandi dans un milieu favorable à l'épanouissement de sa créativité. Diplômée et boursière de l'Université de Concordia en arts visuels, elle a perfectionné sa technique dans la région de l'Ombrie, en Italie. Elle compte plusieurs expositions solo et collectives au Canada et ce, depuis 1999.

Haut de Page