Biographie

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Dans l’univers de Kai McCall, le spectateur est amené dans une dimension parallèle, où la logique et le jugement sont suspendus au profit d’une profondeur naïve et contradictoire.  McCall aspire à représenter des modèles contemporains dans un environnement résonnant avec la grande histoire de l’art. Fondamentalement contemporaines, ses figures s’ancrent dans le passé en reprenant les tonalités et les couleurs de divers mouvements artistiques, dont le Grand Style ou les scènes classiques hollandaises. Promut par le peintre britannique Joshua Reynold, dépeignant une idéalisation de l’imparfait dérivé du Classicisme, le Grand Style (ou la Grande Manière) propose une esthétique où les modèles sont célébrés dans un environnement qui dénote leur noblesse et leur grandeur. Inondé de métaphores, ces oeuvres avaient pour fonction première de glorifier les portraiturés en signifiant leur caractère vertueux, d'une sincérité sans prétention, par la possession de richesses et de grands domaines. McCall reprend ainsi, dans ses portraits, les codes artistiques du Grand Style, en les modernisant quelque peu, y ajoutant une certaine ambiguïté minant l'autorité de la figure, et lui permettant d'explorer la vulnérabilité de ses sujets.

Ses plus récentes séries s’inspirent quant à elles des scènes de genre hollandaises du XVIIe siècle. Proposant ses modèles dans des cadres familiers, issus de la vie quotidienne ou installés dans un environnement théâtral modernisé, l’artiste saisit l’essence de ce mouvement artistique, stylistiquement et conceptuellement. Il trouve particulièrement intéressant la catégorisation du style de la scène de genre. Conformément à la hiérarchie qui existait à l’époque, la peinture de genre était considérée comme une sous-catégorie, moins importante que le portrait officiel ou la peinture historique. Dans notre contexte contemporain, cette hiérarchie stimule la curiosité de l’artiste et l’amène à créer ces portraits contradictoires, à la fois statiques et mobiles. L'introduction d'éléments improbables ou même surréalistes dans les tableaux vient appuyer cette relation ambivalente entre le sujet et nos attentes du portrait. Les tableaux de McCall s’interprètent plutôt comme des fictions, où les derniers chapitres seraient manquants. Exigeant du spectateur une prise de conscience des interactions conflictuelles qui se déroulent au sein de l'image, toute résolution définitive reste toutefois suspendue et ambiguë.

Originaire de Montréal, Kai McCall possède un BFA en beaux-arts de l’Université d’Ottawa. Collectionnées à travers le monde, McCall expose ses oeuvres au Canada, aux États-Unis et en Europe. Il est récipiendaire de plusieurs prix d’excellence du Conseil des Arts du Canada et travaille toujours à Montréal.

 

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