Biographie

Marc Séguin est né à Ottawa le 20 mars 1970. Il a obtenu un baccalauréat en beaux-arts de l'Université Concordia et vit et travaille actuellement à Montréal et New York. Dès 1996, sa première exposition individuelle présente des tableaux de grandes dimensions aux propositions plastiques étonnantes. Cette exposition attire favorablement l'attention des critiques et des collectionneurs, sa carriére est lancée.

Graveur doué autant que peintre prolifique, Marc Séguin voit son travail reconnu par les conservateurs du Musée d'art contemporain de Montréal en 1997 lorsque ceux-ci l'incluent dans la désormais célèbre exposition de groupe "De fougue et de passion". On l'invite ensuite à y présenter une exposition personnelle en 2000 : une série de grands tableaux ayant pour thème la rosace médiévale. Cette exposition est par la suite présentée en France, au Centre culturel canadien de Paris, pendant l'été 2001, puis circule dans diverses villes canadiennes en 2003.

Depuis 2000, le Musée d'art contemporain de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec ont acquis des œuvres importantes de Marc Séguin. Ses estampes et ses peintures se trouvent dans de nombreuses collections corporatives canadiennes et chez d’importants collectionneurs privés du Québec, du Canada et des États-Unis. À ce jour, Marc Séguin a tenu plus de vingt expositions personnelles et participé à autant d'expositions de groupe et de foires internationales à Madrid, Barcelone, Venise, Berlin, Cologne, New York, Miami, Chicago, Bruxelles et Namur.

Également romancier, Marc Séguin signe en 2009 La foi du braconnier, pour lequel il reçoit le Prix littéraire des collégiens 2010. En 2012 paraît Hollywood, son second roman, qui se hisse en finale des Prix littéraires du Gouverneur général de 2013 catégorie romans et nouvelles de langue française.

La série Forêt diffère de ses séries antérieures plutôt orientées vers la condition humaine. L’artiste porte maintenant un regard critique, mais réaliste, sur le destin de la forêt et des animaux.

D’une part, Marc Séguin est très sensible au pillage éhonté de la nature, à son avilissement au service d’une société irresponsable. Son discours n’est pas éloigné de celui de Richard Desjardins, qui, dans son documentaire L’Erreur boréale, dénonce les coupes à blanc de la forêt du Québec et constate les implications sociales et économiques de telles pratiques. Séguin pousse sa réflexion au-delà de la simple analyse des protocoles de gestion forestière en présentant des toiles dénuées de la présence d’humains ou d’animaux. Un tableau inclut pourtant un chien qui hurle à la lune. Pas un chien ordinaire, mais plutôt le contour de celui-ci, délimité par une épaisse ligne de couleur bleue. On perçoit l’animal par l’espace négatif qu’il occupait. Il s’est transformé en habitant virtuel de cet écosystème déstabilisé. Séguin rejoint en cela le discours du chercheur Hubert Reeves, qui soulignait lors de sa dernière conférence au Musée des beaux-arts du Canada qu’il était persuadé de la pérennité de la vie sur terre, mais que ce ne serait pas nécessairement celle des êtres humains.

D’autre part, tout en posant un regard réaliste, Marc Séguin conserve une part d’optimisme. Les forêts portent en elles les semences de l’espoir: le vent transporte les grains aux quatre vents et ceux-ci concourent à la régénération de l’écosystème. La destruction violente laisse place à la lente et habile reconquête du territoire.

L’artiste nous interpelle avec ses images d’une forêt brûlée vive, abandonnée. Certains tableaux, tels que Forêt 3, sont saisissants. De grands mais délicats coups de pinceau laissent deviner une forêt balayée par le vent. Les fragiles silhouettes sombres sont précédées d’un large tourbillon rouge vif. Le feu menace l’équilibre précaire.

Line Dezainde- 25 novembre 2004

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