L’œuvre de Paul Villinski maintient un équilibre précis entre l’ancrage et l’élévation, transformant des matériaux abandonnés en images d’ascension sans jamais en dissimuler l’origine. Des papillons découpés dans des canettes de bière trouvées — dorés, peints en bleu cobalt au Flashe et saupoudrés de suie — ainsi que des ailes assemblées à partir de centaines de gants de travail usés révèlent une alchimie enracinée dans le travail manuel et la vie quotidienne. Ses installations conservent une dimension poétique du vol tout en évoquant les réalités ordinaires dont elles proviennent, des débris industriels aux restes de la veille.
La pratique de Villinski puise également dans l’imaginaire de l’enfance et le désir de dépasser ses propres circonstances, à travers des objets qui fusionnent l’industriel et l’intime. Une robe cousue à partir de gants de travail, une vaste envergure d’ailes fixée au dossier d’une chaise d’enfant ou un unique papillon d’aluminium surgissant d’un gant composent un langage où se croisent travail, mémoire et aspiration. Dans l’ensemble de son œuvre, le vol n’apparaît pas comme une fantaisie, mais comme un processus de transformation réelle, reflété par sa propre pratique du pilotage et son étude d’espèces de papillons élevées dans son atelier.




