Paul Villinski: Between the Deed and the Doing

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    « Faire de l’art est un acte de révélation, une tentative de partager l’expérience humaine, d’évoquer ce qui peut rester inexprimé, voire inexprimable, mais profondément ressenti. »

     

    Paul Villinski (né en 1960, dans le Maine) a grandi dans une famille marquée par des déplacements constants en tant que fils d’un navigateur de l’U.S. Air Force, entouré dès l’enfance d’avions, d’outils, de musique et d’art. Cette enfance instable a nourri à la fois une profonde introspection et une fascination durable pour le vol, non seulement comme phénomène physique, mais aussi comme manière de penser la distance, la mémoire et la transformation. Ses premières expériences de construction manuelle et son observation des mécanismes de l’aviation ont laissé une empreinte durable, réapparaissant plus tard dans des motifs récurrents d’ailes, de chaises et d’engins volants improvisés qui allaient définir son langage artistique.

     

    Au début des années 1990, Villinski s’est orienté de façon décisive vers l’assemblage sculptural, utilisant des matériaux trouvés — tels que des gants usés, des disques et des objets du quotidien — pour créer ses œuvres ailées désormais emblématiques et ses installations aériennes. Ces pièces transforment des vestiges ordinaires de la vie quotidienne en images d’élévation et de transcendance silencieuse, où la fragilité s’équilibre avec la résilience. Avec le temps, la répétition et la transformation sont devenues centrales dans sa démarche, des formes familières réapparaissant d’une œuvre à l’autre comme des métaphores évolutives plutôt que comme des symboles figés.

     

     

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  • Le vol est progressivement passé du symbole à l’expérience vécue lorsque Villinski s’est mis au parapente, transformant une préoccupation de...

    Le vol est progressivement passé du symbole à l’expérience vécue lorsque Villinski s’est mis au parapente, transformant une préoccupation de toute une vie en une connaissance directe de l’air, de la gravité et de la suspension. Cette expérience a nourri des sculptures qui oscillent entre objet et dispositif, évoquant l’instant chargé du décollage, ce seuil entre poids et relâchement. Chaises suspendues, constructions ailées et formes aériennes suggèrent que le mouvement n’est pas une échappée du passé, mais une manière de le porter vers l’avant sous une forme transformée.

     

    Dans des œuvres ultérieures telles que Air Chair, un fauteuil roulant réinventé avec de vastes ailes et suspendu dans l’espace, Villinski prolonge ce langage en une réflexion sur la mobilité et la possibilité. En transformant des objets associés à la limitation en images d’élévation, il présente contrainte et liberté comme des conditions indissociables. Depuis plus de trois décennies, sa pratique s’est développée comme une méditation continue sur le changement, assemblant des fragments du quotidien en structures poétiques et silencieuses qui maintiennent une tension entre gravité et grâce.

  • GANTS PERDUS Des gants abandonnés disséminés à travers la ville sont recueillis comme de discrètes traces des personnes qui les...

    GANTS PERDUS

    Des gants abandonnés disséminés à travers la ville sont recueillis comme de discrètes traces des personnes qui les ont autrefois portés. Séparés de leurs propriétaires, ils conservent une intimité troublante, portant l’empreinte du travail, du geste et de la vie quotidienne. Collectés au fil des années dans différents quartiers, ils deviennent une archive accidentelle qui traverse les âges, les classes et les métiers, un portrait d’une présence par l’absence, marqué par l’usure, la perte et la mémoire.

     

    Dans l’atelier, ces vestiges sont cousus et entrelacés en de nouvelles formes — contenants, enveloppes et, finalement, ailes — retrouvant leur capacité à porter, protéger et relier. Les gants portent le temps de mains inconnues, rejoint par un travail attentif et délibéré. Ce qui était autrefois négligé devient un langage de réparation et d’interdépendance, suggérant que des fragments du quotidien peuvent être réassemblés en structures capables d’évoquer la résilience et la possibilité de l’élévation.

     

    - Paul Villinski

  • Material Flight: The Work of Paul Villinski

  • « Faire de l’art est un acte de révélation - une manière de partager l’expérience humaine et de découvrir ce qui me préoccupe le plus. »

     

    - Paul Villinski

    L’œuvre de Paul Villinski maintient un équilibre précis entre l’ancrage et l’élévation, transformant des matériaux abandonnés en images d’ascension sans jamais en dissimuler l’origine. Des papillons découpés dans des canettes de bière trouvées — dorés, peints en bleu cobalt au Flashe et saupoudrés de suie — ainsi que des ailes assemblées à partir de centaines de gants de travail usés révèlent une alchimie enracinée dans le travail manuel et la vie quotidienne. Ses installations conservent une dimension poétique du vol tout en évoquant les réalités ordinaires dont elles proviennent, des débris industriels aux restes de la veille.

     

    La pratique de Villinski puise également dans l’imaginaire de l’enfance et le désir de dépasser ses propres circonstances, à travers des objets qui fusionnent l’industriel et l’intime. Une robe cousue à partir de gants de travail, une vaste envergure d’ailes fixée au dossier d’une chaise d’enfant ou un unique papillon d’aluminium surgissant d’un gant composent un langage où se croisent travail, mémoire et aspiration. Dans l’ensemble de son œuvre, le vol n’apparaît pas comme une fantaisie, mais comme un processus de transformation réelle, reflété par sa propre pratique du pilotage et son étude d’espèces de papillons élevées dans son atelier.

    « Faire de l’art est un acte de révélation - une manière de partager l’expérience humaine et de découvrir ce...