Guido Molinari Canadian, 1933-2004
Guido Molinari, né en 1933 à Montréal et décédé en 2004, est l’un des artistes abstraits les plus marquants de l’art canadien d’après-guerre. Reconnu pour ses peintures rigoureuses et profondément exploratoires, il a joué un rôle clé dans le développement de l’abstraction géométrique au Canada. Travaillant principalement en peinture, Molinari a développé un langage visuel fondé sur des bandes verticales, des structures sérielles et une recherche méthodique de la couleur. Son œuvre, à la fois austère et vibrante, se distingue par une attention extrême aux interactions chromatiques et à l’expérience perceptive du spectateur, plaçant la couleur au cœur même du sens et de l’émotion.
La formation artistique de Molinari s’est amorcée à l’École des beaux-arts de Montréal, dans un contexte intellectuel marqué par les bouleversements de l’art moderne et l’héritage des Automatistes. Après des débuts influencés par l’expressionnisme abstrait, il s’oriente dès la fin des années 1950 vers une abstraction plus structurée, devenant une figure centrale du mouvement des Plasticiens. À travers une pratique fondée sur la répétition, la discipline et l’analyse, Molinari cherche à éliminer toute subjectivité expressive afin de laisser la couleur et la forme agir de manière autonome. Ses tableaux invitent le regardeur à une expérience lente et active, où la perception évolue selon la durée, la lumière et le mouvement du regard.
La carrière de Guido Molinari a été jalonnée d’une reconnaissance nationale et internationale, avec des expositions dans de nombreuses institutions majeures et une présence déterminante dans les collections publiques canadiennes. Il a également représenté le Canada sur la scène internationale et a exercé une influence durable en tant qu’enseignant, notamment à l’Université Concordia, où il a marqué plusieurs générations d’artistes. Son héritage réside dans une œuvre exigeante et cohérente, qui a contribué à inscrire l’abstraction canadienne dans un dialogue international, tout en affirmant une vision radicale et intellectuelle de la peinture comme champ d’expérience perceptive et conceptuelle.

